Après l'Espace Rachi, 6 mars 2014

 

Plus beau, plus grand que jamais... magnifique ! À vous laisser cloué sur place, espérant que cela durera toute la nuit...

Épuré, sobre, ta voix, ta présence, ton art, rien que ton art... se mariant si bien avec celui de Jasko. Je sentais l'émotion de Gilbert (Laffaille), à côté de moi, son admiration, son étonnement de voir les sommets que tu atteignais (même s'il connaissait déjà ton immense talent) ; parce que tu montes si haut, tu nous entraînes si haut vers les cimes... et tu es si belle !

Je suis si fière d'être ton amie!

C. F.

 

 

Chère Jacinta,

Merci pour ce régal d’hier soir !

Quelle émotion et quel plaisir !

Tu as une puissance d’évocation unique, des nuances vibrantes d’expression, un jeu du corps (et entre autres des bras et des mains) extraordinairement « parlant », un rythme qui nous entraîne, de la joie, de la nostalgie, de l’humour (et du « second degré »), et ces métissages puissants d’humanité « une » ! Tu donnes tout de toi et nous le recevons comme tel, avec tout nous-mêmes.

Merci. Bises reconnaissantes,

D. B.

 

Chère dame,

Je ne vous connaissais pas... Comment cela est-il possible ? Vous m’avez donné une carte.

Je me permets de vous écrire, car, après votre spectacle, je ne pouvais pas dire un mot.

Que dit-on à une artiste de votre envergure ? Pourquoi n’êtes-vous pas adulée, célébrée, reconnue ? Qui a pris la place qui est la vôtre ? Il y a malentendu.

Certes, vous n’êtes pas une chanteuse yiddish, ni de tango ou du judéo-espagnol.

Vous êtes un être magique qui demande pardon à sa mère de vouloir s’envoler comme les oiseaux. Vous m’avez dit que votre territoire était le ciel, que la musique est sans frontières.

Ce que vous faites avec votre voix n’est pas de la technique. Yma Sumak était dans la démonstration. Vous êtes LA VOIX qui va d’ici-là, avec vos mains qui suivent pour faire des ailes ou pour nager dessous la mer pour rejoindre Alfonsina, votre voix fait une prière pour vos parents, votre corps menu danse parce que vous êtes la vie !

Et l’amour qui se dégage de tout cela, aux vôtres, à nous... Vous êtes de la race des Barbara ou Ferré. Ils laissaient sur scène une partie de leur vie.

Prenez soin de vous. L’accordéoniste Ramic est un musicien hors pair. Il buvait chacun de vos gestes et sa réponse était aussi vibrante que votre émotion.

Pourquoi un seul concert à Rachi ? À quand les prochains, en dehors des centres juifs, car vos chansons, bien que je ne comprenne pas l’espagnol, ont une ligne mélodique unique, des changements de rythme inattendus. Je pense à vous et pleure encore, deux jours après le concert... Merci. H. S.

 

 

Quel choc, cette voix, cette intonation, cette musicalité, cette « religiosité », qui parlaient au tréfonds de l' âme ! … et que je n’ai jamais retrouvé ailleurs avec une telle intensité.

 

Pendant tout le concert, je suis restée suspendue à tes lèvres, un sourire dans la tête et d’étranges émotions qui gazouillent dans le ventre.

 

Les textes poétiques, les chansons : j’ai vu les arbres parler, secouer leurs branches, rire…

 

Je t’imagine parfois trapéziste, faisant d’incroyables figures sans filet, et mon cœur saute dans ma poitrine à chaque saut périlleux.

 

Mon dieu, qu’il semble difficile parfois d’exprimer ce que l’on ressent !

 

Myriam Molinet, 8 sptembre 2013

 

 

 

Page web d'Adath Shalom, 14-2-2103 :

http://www.adathshalom.org/activites/grands-evenements/jacinta

 

Retour sur une soirée inoubliable

(Extrait) Un merveilleux concert jeudi 14 février à Adath Shalom.

 

Si la soirée était placée sous le signe de "mes tissages", Jacinta a  promené son public du Yiddishland à Buenos Aires, en faisant escale à Paris, à Jérusalem ou à New York.

Jacinta tisse et métisse, mêle, enmèle, démêle les écheveaux de ses chansons. Ses textes nous emmènent vers un ailleurs si proche de nous. On entend "singuer" la Singer de sa mère, elle chante son père et grands-pères, la tendresse du Yiddish, là, juste tout près du coeur.

Pour le plus grand bonheur de son auditoire, Jacinta a chanté en espagnol, bien sûr, en Yiddish, évidemment, mais aussi en français, en anglais et en hébreu. La voix de Jacinta nous entoure, sa guitare l'accompagne, puis parfois se tait... et Jacinta chante.

 

Jacinta, Adath Shalom es tu casa... 

 

 

 

Ma précieuse amie, je suis sans mots. Ou quelques-uns comme ceux-ci :

Profondeur, douceur, musicalité absolue, veine tragique.

J’ai ri et pleuré d’amour. Et ta mère dit vrai alors qu’elle ne peut pas t’entendre :

Voir le visage des gens qui t’écoutent est un cadeau.

Alicia Dujovne Ortiz

 

 

Sa grand-mère paternelle était polonaise et, petit détail de l'histoire comme dirait le borgne ignoble, elle est morte en 1942.
Son grand-père maternel était d'origine russe et fuyant les pogroms s'est retrouvé un beau jour sans argent en Argentine. 
Elle, Jacinta, fruit de ce que certains adeptes du révisionnisme considèrent comme une anomalie, assume avec bonheur son fameux cosmopolitisme, devenu gage culturel exigeant.
Bonheur de la voir chanter pendant plus d'une heure. On se plait pourtant à endurer pour que la voix à la tessiture chatoyante continue à murmurer la plainte de la Reconquista ou la berceuse chantée au fond du Shtetl il y a tant d'années, avant l'horreur ultime. Ultime ? 
Jacinta et sa guitare ( complice, amante et pas seulement partenaire) chantent à l'unisson, coeurs en chamade parfois quand les premiers accords de "don't cry for me Argentina" résonnent dans le silence oppressé des respirations.
Un moment pendant lequel la haine de l'autre est mise entre parenthèses.

Royan, le 24 mars 09

 

 

JACINTA, LA DOULEUR PUDIQUE D’ARGENTINE

L’art vocal de Jacinta se déploie de l’Argentine à la France en passant par l’Europe centrale sur une guitare sobre et joyeuse. Parisienne depuis 1977, Jacinta ensorcelle par une voix au registre étonnant quand son chant feule, gémit et crie. Son père vient d’un shtetl, village yiddish de Pologne, alors que Jacinta, tout comme sa mère, elle-même enfant de parents fuyant les pogroms russes, est née en Argentine. Curieux pays qui a accueilli les juifs et, plus tard, les fuyards nazis.

Jacinta enlace le tango de Buenos Aires, ses piétons. Fille de l’exil, elle pleure avec ATAHUALPA YUPANQUI, le célèbre poète des Indiens argentins. Native d’un pays amnésique des déportés africains qui ont labouré ses champs, Jacinta chante ce puissant folklore, telle la zamba ou la chacarera où, sous la frénésie, couve cette éternelle douleur à peine visible parce que trop pudique.

LIBÉRATION - 13-2- 2002.  B. Daoudi.

 

 

" Ton chant est l’écho de la Pampa, des berceuses... Une voix lointaine, Et soudain unique, chaude, claire comme un pleur ! "

(René de Cecatty, 1992) 

 

 

Jacinta, fleur de Tango

(extrait)

... Et puis, par deux fois, une voix a semé le frisson. Grave, chargée de cette émotion solennelle que seul le Rio de la Plata peut charrier.

C’est la voix la plus intense que le Tango ait enfanté dans nos murs, ces dernières années. Elle se pare des « éxitos de siempre », ces figures imposées du tango ou de la milonga, mais c’est avec des textes modernes qu’elle fait monter la tension, comme dans Jacinto Chiclana, histoire d’honneur signée Borges, ou la Balada para un loco, apologie du délire due à Ferrer et Piazzola.

Jacinta fait don de son âme quand elle chante, grande dame du tango.

Remy Kolpa Kopoul, Libération, 1986.

 

 

Jacinta

un spectacle différent

 

Sur un écran s'ébaucheront les images fixes ou animées de Monique Vainberg, qui répondront en écho à l'univers de la scène.

C'est d'un voyage au sein d'origines multiples qu'il s'agit : ces origines multiples dont sont tissées, sans que nous n'en soyons toujours conscients, nos propres vies, communes ou individuelles ...

Celles de Jacinta puisent leur source dans la vieille ville de Lodz, avant d'être déplacées par le vent de l'Histoire vers le continent Sud-Américain : l’Argentine de son enfance. Elles finissent par aboutir en France ...

Simultanément s'éclaire la scène, et Jacinta fait son entrée, déposant sous nos yeux ses frêles bagages, comme pour mieux déployer devant nous le contenu issu de son exil : ses mots et ses chants ; des chants de joie, de fantaisie, de folie, d'amour, de douleur ...

Au piano s'installe Thierry Kalifa, et au même instant s'instaure entre eux deux cette tendre complicité musicale qui ne les quittera plus, et emportera le public. Libre de tout lien, le corps de Jacinta s'emparera de l’espace, ses gestes et ses pas accompagneront sa voix. Parfois, cependant, elle retrouvera l'intimité de sa guitare, soudée à elle, dans la solitude et l’ampleur de cette voix ... Et nos coeurs battront plus fort de l'alternance de ces moments.

Désormais, les langues et les rythmes s'entremêlent, se succèdent, se répondent. La présence discrète d' Andras Solymos veille à la technique et a la magie du moment. Les proximités et les correspondances, les influences réciproques se devinent, délivrant un message universel. L'itinéraire de Jacinta, dans sa singularité, devient notre itinéraire à chacun. Qu'elle chante en espagnol le quartier de son enfance (dans une subtile et tendre chanson dont elle est l' auteur compositeur),            qu' elle reprenne la musique populaire d'Argentine, milongas et tangos (ces tangos qu'elle pleure autant qu'elle les chante),qu'elle fasse,avec Thierry Kalifa, swinguer le Yiddish transmis par son père, elle entraîne la salle avec elle, de toute sa générosité, dans des mélodies familières, dont parfois l' on ressent qu'au-delà de leur gaîté« le sourire est un peu triste»...,on sait d' ores et déjà qu' elle nous laissera l'impression d'un temps passé hors du temps, dont on voudrait que jamais il ne s'achève.

 

Catherine FRANCK, Cahiers Bernard Lazare. Mars 2012 

 

 

 

Esprits nomades, Gil Pressnitzer

http://www.espritsnomades.com/sitemusiquedumonde/jacinta/jacinta.html

 

Elle est la seule à ma connaissance a nous étreindre autant en judéo-espagnol qu'en yiddish, réalisant ainsi la jonction tant espéré du peuple de l'est avec celui des Jardins aux orangers. Le tango, sa fibre natale a aussi trouvé en elle une voix féminine sensuelle dans cet univers de mâles et de fumée.

La voix est chaude et vous fait frémir. Voix au bord de l'émotion, naïve et simple, donc éternelle.

Cela sera surtout un moment de blessure et d'éternité partagé.

Jacinta chante le pays d'or, mélancolie et joie mêlée, grain de la nuit, grain contre l'oubli, et tous les brins d'herbe de cette belle voix sombre pour ressusciter l'arbre foudroyé.

Elle nous dit « Je sais encore une histoire, je connais une légende » et les lèvres des morts remuent. Des papillons s’en échappent et se posent sur nous.

Gil Pressnitzer

 

 

 

 

70e anniversaire de l’UJRE

(extrait)

... Vint ensuite le moment attendu et magique : le récital de Jacinta. Belle dans sa tenue noir et rouge, elle nous émut tous, cette argentine venue d’une « rue textile », comme elle le chante. Elle évoqua avec tendresse sa venue à Paris, sa rencontre avec Anna Vilner et Charles Steinman et cette tour de Babel qu’était et demeure ce coin du 10e.

Ce n’était pas le moins étonnant d’une soirée étonnante que la plus fervente yiddishiste fût venue d’Amérique du Sud. Au total, une envie de tout réécouter, de découvrir cette histoire encore mal connue.

Reste le message : connaître ses racines. Le passé c’est un tremplin pour l’avenir, pour être aussi présent dans les luttes actuelles que nos aînés le furent dans les luttes passées.

Et pour nous retrouver dans dix ans, comme Jacinta l’a dit, porteurs des mêmes valeurs d’humanité.

La presse nouvelle, mai 2013, N.M.